Présentation

L'objet de ce blog est de présenter le résultat de mes recherches sur la famille de Jean Genet. 

L'année dernière, en août 2013, après avoir acheté Jean Genet, matricule 192.102. Chronique des années 1910-1944., par Albert Dichy et Pascal Fouché, je me suis étonné que l'on ne puisse pas en savoir plus sur sa mère et, au-delà, sur sa famille maternelle. En lisant tant ce livre, que la biographie d'Edmund White (Jean Genet, Paris, Gallimard) ou le texte de présentation de la récente exposition de Lyon (cliquez-ici), j'ai eu le sentiment que l'on s'accommodait bien de cet apparent mystère sur l'origine de sa famille. 

Avant les recherches que je présente ici, son histoire familiale semblait entourée de la plus grande obscurité. Certes, nous possédons quelques informations sur sa mère, plus complètes suite aux travaux d’Albert Dichy et Pascal Fouché, et des bribes d’information sur ses grands-parents maternels François et Clotilde Genet. Cependant, il semble être sorti de nulle part. Ce que l’on savait jusqu'à maintenant de ses origines est bien résumé dans la biographie que lui a consacrée Edmund White :
Camille Gabrielle Genet avait tout juste vingt-deux ans. Elle était née en 1888 à Lyon : de François, cinquante-six ans, et de Claudine (Clotilde) Genet, âgée, elle de quarante-deux ans. L’enregistrement de la naissance de Camille à Lyon le 20 juillet, deux jours plus tard, porte la signature du père – à notre connaissance, l’unique trace écrite laissée par l’un des ascendants de Genet. Trois ans après, en 1891, la famille de François Genet avait disparu, en tout cas de Lyon. François Genet vagabonde sans doute, manœuvre sans terres, ni métier, ni attaches particulières à Lyon. Sur les deux documents d’état civil dont on dispose, le père est qualifié tantôt de « manœuvre », tantôt d’« employé » ; la mère de « couturière » ; Gabriel, le fils qui avait seize ans à la naissance de Camille, de « serrurier » ; une petite fille de neuf ans appelée Léontine : voilà la famille.
 « François Genet vagabonde sans doute, manœuvre sans terres, ni métier, ni attaches particulières ». Ces quelques mots décrivent la vie du grand-père de Jean Genet presque comme une préfiguration de celle de son petit-fils : une vie de vagabond, encore pleine d’obscurité, avant d’être celle de l’écrivain que l’on sait, mort seul dans un hôtel parisien. C’est cette obscurité même qui m’a donné envie de percer le mystère des origines familiales de Jean Genet. Pour cela, j’ai vite pensé que la clé résidait dans l’identification de François Genet. Ni ce prénom, ni ce nom n’étaient un indice suffisant (sur le site de généalogie Geneanet, il existe plus de 3000 occurrences de François Genet). Pourtant, il m’a fallu moins d’une heure pour trouver son décès. A partir de là, toute l’histoire de la famille maternelle de Jean Genet a commencé à se dévoiler. Fruit de ces recherches, c’est cette ébauche d’histoire familiale que je présente aujourd’hui. Elle est centrée autour de la personne de François Genet et de sa descendance car ce que l’on a pu reconstituer de leurs vies éclaire en partie le contexte de la naissance de Jean Genet et l’abandon qui en a résulté. Nous allons ainsi voir surgir une personnalité, un destin, une histoire familiale qui, par certains aspects, sont fort différents de ce que l’on peut imaginer en ne connaissant que la vie de Jean Genet.

J'ai rédigé une article qui fait la synthèse de toutes les informations que j'ai collectées. Il est consultable sur ce site à la page "Une histoire familiale de Jean Genet". On peut aussi le télécharger sous un format pdf : cliquez-ici.

Il y a aussi la mise en ligne de la généalogie de la mère de Jean Genet, Camille Genet : http://gw.geneanet.org/jeangenet.

Comme toutes recherches d'histoire familiale, celle-ci a été riche en découverte. Il y a d'abord le grand-père, François Genet, né en 1831 à Cuzieu dans l'Ain dans une modeste famille de paysans, qui tente une ascension sociale d'abord en ouvrant une épicerie à Virieu-le-Grand, puis en se lançant dans une activité de fabricant de chaux. Le tout se termine par une faillite en 1878 qui oblige la famille, totalement ruinée, à trouver refuge à Lyon, là justement où est née Camille Genet, la mère de Jean Genet. Cela a été l'occasion de découvrir un document qui est le texte écrit le plus long connu d'un ancêtre de Jean Genet.  Jusqu'ici, on ne connaissait que la signature de François Genet (pour plus de détails, voir l'article p. 19).


L'autre découverte, plus surprenante, est la parenté entre Jean Genet et Martin Van Maele, l'un des plus célèbres illustrateurs érotiques du premier tiers du XXe siècle. En effet, Maurice Martin, alias Martin Van Maele, a épousé en février 1889 Marie Françoise Genet, la demi-sœur de Camille Genet. Je me suis ainsi intéressé à cet illustrateur que je connaissais mal. Je n'ai rien découvert de nouveau sur son travail d'illustrateur (ce n'était d'ailleurs pas mon objectif), mais de nombreux éléments sur sa biographie personnelle. C'est ainsi que j'ai identifié la maison qu'il a habité à Varennes-Jarcy, dans l'Essonne depuis juillet 1904 jusqu'à son décès en 1926 :


Enfin, j'ai trouvé la seule photo connue d'un membre de la famille de Jean Genet. Il s'agit de Joseph Laperrière (1846-1927), un cousin germain, de François Genet, le grand-père. Installé à Lyon au milieu du XIXe siècle, il a fondé une roseraie, qui existe toujours en région lyonnaise, sous le nom de Laperrière.


Pour finir, l'acte de décès de François Genet, à Paris 8e le 7 juillet 1892. C'est cet acte qui m'a ouvert la porte de cette histoire familiale.


Le blog permet de publier plus d'informations et de documents sur des points particuliers, afin de mettre à disposition la masse des informations que j'ai rassemblées en un an et que je n'ai pas voulu mettre dans l'article, pour ne pas l'alourdir inutilement.

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